En France, les personnes à mobilité réduite (PMR) bénéficient d’un cadre légal spécifique pour faciliter leur accès au logement social. Des lois encadrent l’accessibilité, l’attribution prioritaire et l’adaptation des logements aux besoins spécifiques. Pourtant, malgré ces dispositifs, l’offre de logements réellement adaptés reste limitée, allongeant les délais d’attente. Ce guide présente les droits, démarches et obligations des bailleurs sociaux pour un logement social accessible et adapté aux personnes à mobilité réduite.
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Quelles sont les règles encadrant l’accès des personnes à mobilité réduite au logement social ?
L’INFO HELLIO
Il faut distinguer un logement accessible (conforme aux normes du Code de la construction et de l’habitation), d’un logement adapté, qui intègre des aménagements correspondant aux besoins précis de la personne. Un logement conforme aux normes peut ne pas être adapté, par exemple pour un locataire sourd nécessitant des signaux visuels.
L’accès des PMR au logement social est encadré par un ensemble de lois et de normes visant à garantir un habitat décent, adapté aux besoins spécifiques et favorisant l’autonomie.
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées impose l’accessibilité généralisée dans les constructions neuves et encourage l’adaptation du parc existant.
Ce cadre a été renforcé par la loi ELAN de 2018, qui stipule qu’au moins 20 % des logements neufs doivent être immédiatement accessibles et les autres conçus pour être « évolutifs », c’est-à-dire facilement adaptables.
Le Droit au logement opposable (DALO), instauré par la loi n°2007-290 du 5 mars 2007, classe les personnes handicapées parmi les publics prioritaires. Un logement inadapté peut alors être considéré comme non décent, ouvrant droit à un traitement urgent par la commission de médiation.
Les personnes à mobilité réduite sont-elles prioritaires pour l’attribution d’un logement social ?
La législation française reconnaît aux personnes en situation de handicap, ainsi qu’aux familles ayant à leur charge une personne handicapée, un droit prioritaire dans l’attribution des logements sociaux.
Les bailleurs sociaux sont tenus de réserver en priorité aux personnes concernées les logements construits ou aménagés pour répondre aux normes d’accessibilité. Ils doivent aussi tenir un inventaire de ce parc et, lorsque cela est possible, adapter les logements existants. Les collectivités locales, de leur côté, intègrent dans leurs documents d’urbanisme des objectifs en matière d’accessibilité et peuvent mettre en place des aides ou des services d’accompagnement.
Malgré ce cadre protecteur, l’attente pour un logement social adapté reste souvent longue : entre 18 et 24 mois dans de nombreuses zones, principalement en raison du manque de logements pleinement accessibles.
LE CHIFFRE HELLIO : 1/4
En 2023, seul un quart des logements sociaux répondait aux normes d’accessibilité, ce qui limite fortement la capacité à répondre rapidement aux demandes prioritaires (poledemarche.fr).
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Quelles démarches effectuer pour obtenir un logement social adapté ?
L’ASTUCE HELLIO
Pour éviter une attribution inadaptée, il est important de préciser dès la demande tous les aménagements indispensables (largeur de porte, hauteur des équipements, type de salle de bains, etc.).
Obtenir un logement social adapté en situation de handicap implique plusieurs étapes, avec des interlocuteurs spécifiques à mobiliser dès le début de la procédure.
La première étape consiste à faire reconnaître officiellement la situation de handicap par un professionnel de santé, puis à déposer un dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Cette instance évalue les besoins, propose des compensations et peut formuler des recommandations pour l’adaptation du logement.
La demande de logement social peut ensuite être déposée en ligne, en mairie ou auprès d’un bailleur social.
En cas de délai d’attente anormalement long ou d’absence de proposition adaptée, il est possible d’activer le DALO (Droit au logement opposable). La saisine de la commission de médiation départementale peut se faire en mairie ou via un téléservice. Si la demande est jugée prioritaire, le préfet doit proposer un logement conforme dans un délai de six mois. À défaut, un recours devant le tribunal administratif est possible.
Plusieurs acteurs peuvent accompagner ces démarches :
- CCAS (Caisse centrale d'activités sociales)/CIAS (Centre intercommunal d'action sociale),
- Missions handicap communales,
- ADIL (Agence départementale d'information sur le logement) pour l’information juridique,
- Associations spécialisées,
- Soliha (Solidaires pour l'habitat) pour l’accompagnement technique et administratif,
- Maisons départementales des solidarités.
L’attribution d’un logement adapté repose sur des critères précis, tels que l’accessibilité effective, la proximité des services médicaux et la gravité du handicap.
À lire aussi : quel est le quota applicable pour les logements sociaux ?
Quelles sont les obligations des bailleurs sociaux pour l’accessibilité ?
Les bailleurs sociaux doivent garantir, dans la conception comme dans la gestion de leur parc, l’accessibilité et l’adaptation des logements aux personnes en situation de handicap.
Logements neufs : accessibilité et logements évolutifs
Tout bâtiment collectif neuf doit permettre l’accès et l’usage par tous, avec des normes portant sur les cheminements, le stationnement, les parties communes et les circulations intérieures. Les logements en rez-de-chaussée ou desservis par un ascenseur doivent intégrer une unité de vie accessible. La loi fixe un minimum de 20 % de logements immédiatement accessibles, les autres devant être adaptables sans travaux lourds.
Logements existants : adaptations à la demande
Dans le parc ancien, un bailleur ne peut refuser sans motif légitime les travaux d’adaptation demandés par un locataire handicapé. La faisabilité technique, l’urgence et l’adéquation avec la situation de l’occupant sont considérées. Si l’adaptation est impossible, une mutation vers un logement déjà adapté ou adaptable peut être proposée.
Gestion, accompagnement et soutien à l’accès au parc social pour les PMR
Les bailleurs doivent tenir un inventaire des logements adaptés et les attribuer en priorité aux personnes concernées, informer sur les aides existantes et orienter vers les organismes compétents. Ils peuvent bénéficier de dispositifs financiers comme la déduction de taxe foncière ou des subventions spécifiques.
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